Les origines de Noël

 

Depuis la nuit des temps, les peuples célèbrent le solstice d’hiver afin de fêter le retour du soleil et le renouveau de la nature. C’est par là que va démarrer notre histoire sur les origines de Noël…

 

  • Une fête païenne:

 

Tout démarre dans la Rome antique où sont apparues les Saturnalia (Saturnales), fêtes qui démarraient une semaine avant le solstice d’hiver. Du 15 au 21 décembre donc, les Romains célébraient le Dieu Saturne. C’était le seul moment de l’année où les différences sociales n’avaient plus d’importance, les esclaves jouissaient d’une certaine liberté et pouvaient s’adonner à des joutes contre leurs maîtres, tandis que partout en ville se dressait des banquets où chacun s’échangeait des cadeaux. Les enfants recevaient des figurines en terre cuite, quand les maisons étaient, elles, ornées de houx, de gui et de lierre. A partir de 270-275, Aurélien, sauveur d’un pays en crise, décide de mettre en place une fête commune et nationale. L’Empereur choisit donc un culte solaire, le Dieu Sol Invictus (soleil invincible) qui s’avère universel à tous. C’est comme ça qu’à chaque Dies Natalis Solis (Jour de naissance du Soleil), le 25 décembre, les romains fêtaient tous ensemble cette divinité solaire. Pour la petite anecdote, l’Empereur Constant Ier, fervent adorateur de ce cher Dieu, fera du dimanche le jour de repos hebdomadaire, qu’il nommera en conséquence «jour du soleil», ce qui donnera plus tard en anglais «Sunday». Alors évidemment, je vous parle de Rome car c’est ce qui s’installera durablement chez nous en France, mais bien d’autres civilisations fêtent le solstice d’hiver. Par exemple, les germaniques, nos chers voisins, fêtaient eux, Yule (ou Jol). Quand les perses célébraient Mithra, dieu du soleil (qui s’est également beaucoup répandu dans l’empire romain).

 

  • Du Dieu Solaire à Jésus-Christ :

 

Alors comment sommes-nous passés de fêter le Soleil et les Dieux à la naissance du Christ ? Car non, Jésus n’est jamais né un 25 décembre, et d’ailleurs sa réelle date de naissance reste encore un mystère. Il serait vraisemblablement né, au mois d’Avril (ou au mois de septembre selon certains) entre l’an 5 et 7 avant J.C (être né avant soi c’est quand même pas mal !).

Au départ, la naissance de Jésus n’est franchement pas reliée au solstice d’hiver et n’est pas non plus une priorité pour les chrétiens qui préfèrent fêter la mort du christ et sa résurrection. Célébrée, à la base, le 18 novembre puis le 28 mars, c’est en ce IVème siècle que tout va changer. Les chrétiens, de plus en plus soucieux du regain d’intérêt pour les différentes divinités païennes durant ces temps de crises, vont se pencher sur la question. Mais que célébrer un 25 décembre pour contrer ces polythéistes et donner un sens religieux à cette fête ? Et bien le choix fût rapidement fait, rien de mieux pour faire de l’ombre au soleil que de célébrer la naissance du fils prodigue ! C’est le pape Libère en 354, qui pour la première fois va codifier la fête de la Nativité. Grâce à un almanach de l’époque, le chronographe, paru en 354, on se rend compte qu’effectivement Noël et Sol Invictus se fêtent bien le même jour (ceci dit le premier Noël aurait été en fait fêté vers 336 date de la première écriture de cet almanach.). C’est donc ainsi qu’on fit de Jésus le nouveau soleil invincible du 25 décembre (notez tout de même que certaines communautés chrétiennes fêtent Noël le 6 ou 7 janvier en référence au calendrier Julien).

Jusqu’en 380, les deux cultes continuent de vivre ensemble mais c’est alors que Théodose Ier, Empereur Romain et fervent chrétien décide d’abolir cette fête païenne, avec l’édit de Thessalonique. Édit qui impose le christianisme comme seule et unique religion dans l’Empire Romain et interdit tout autre culte. Adieu donc Saturnales et Sol Invictus… Les Empereurs suivants ne feront que continuer cette lutte contre le paganisme et il ne finira donc par rester que de fervents chrétiens prêts à fêter leur fameux Jésus. C’est en 529, sous Justinien, que le 25 décembre deviendra un jour férié et que depuis 1500 ans nous continuons de suivre ce précepte. Mais attention, en devenant une fête chrétienne, les cadeaux disparurent avec l’apparition du Christ et ce n’est que bien plus tard que cette tradition reprendra du service…

 

  • De Jésus au Père Noël :

 

L’origine du Père Noël est multiple mais la première, et celle qui fera la transition entre chrétienté et athéisme, n’est autre que la personnification de Saint-Nicolas. Saint des enfants, apparu au XIème siècle, c’est lui qui va rétablir la tradition des petits cadeaux et friandises donnés aux enfants sages. Il est célébré le 6 décembre et continue encore aujourd’hui d’être très présent dans certaines régions de France (la Lorraine notamment, son QG oserai-je dire…) et d’Europe. A l’époque, on le représente comme un vieil homme, avec une longue barbe blanche, des vêtements mauve (ou rouge) et blanc ainsi qu’une croix et une mitre (chapeau d’évêque). Il en faut donc peu pour imaginer comment les symboles religieux seront remplacés un peu plus tard dans l’imaginaire collectif…

La deuxième origine, d’ordre païenne, remonte au moins au XVIIème siècle où dans les îles britanniques on célébrait déjà le father Christmas (Père Noël en français), issu des anciennes fêtes du solstice d’hiver germanique. Puis les Allemands, au XVIIIème siècle décident de laïciser les figures chrétiennes et redonnent à Noël d’anciens symboles, encore une fois issus de fêtes nordiques. Bonjour elfes, fées et vieil homme de Noël (inspiré de Nisse) qui distribue des sapins décorés de cadeaux avec son traîneau. D’ailleurs, les scandinaves continuent encore de fêter ce petit lutin (nommé maintenant Julenisse) à la barbe blanche qui offre des cadeaux le jour de Noël.

Le XVIIIème siècle amorçait donc déjà la fête familiale que Noël est aujourd’hui devenue. Mais c’est au XIXème que tout va se concrétiser. Avec la révolution industrielle, d’une part, et l’idée que Noël rime avec commerce, cadeaux et moment de partage. Puis, avec la célébration de Saint-Nicolas qui finira par s’imposer le 25 décembre vers 1850 (notamment grâce aux Livres de Noël de Charles Dickens). Pour la suite, il faut aller faire un tour aux États-Unis, et plus précisément à New-York ancienne colonie hollandaise (appelée initialement Nouvelle-Amsterdam) qui a récupéré depuis le XVIIème siècle tous les codes du SantaKlass (Saint-Nicolas). En 1821, on retrouve un poème, nommé Old SanteClaus, qui parle d’un vieil homme qui apporte des cadeaux aux enfants sur un traîneau tiré par des rennes. Puis en 1823, le poème A visit from St. Nicholas, qui décrira Saint-Nicolas comme un lutin sympathique (cf Nisse), dodu et souriant qui distribue des cadeaux sur son traîneau tiré par 8 rennes nommés : Fougueux, Danseur, Fringant, Rusé, Comète, Cupidon, Tonnerre et Éclair. Ce poème joue donc un rôle important dans la personnification de Saint-Nicolas en notre futur Père Noël puisque qu’il substitue dans cette œuvre, la mitre par un bonnet rouge, la croix par un sucre d’orge et l’âne par un traîneau. C’est finalement en 1863, grâce à l’illustrateur Thomas Nast, que l’image du fameux Père Noël apparaît pour la première fois aux yeux de tous dans le Harper’s Weekly. En 1885, l’illustrateur établit, pour de bon, la résidence du Père Noël au Pôle Nord. Et c’est donc ainsi, que Coca-Cola ne fût jamais le premier inventeur de la tenue rouge du Père Noël.

 

Que l’on célèbre le retour du soleil, la naissance du Christ ou juste l’envie de se réunir autour de bonnes vieilles légendes, Noël reste donc un moment de partage, d’amour et de joie que le monde entier s’efforce de faire vivre. J’espère que cette petite histoire de Noël vous aura plu et appris des choses. N’hésitez pas à me donner votre avis en commentaire.

Camille G.

4 réflexions sur “ Les origines de Noël

  1. N’oublions pas que Noël est aussi la fête de la Paix !
    Il y a quelques dizaines d’années, toutes les armées en guerre respectaient la trêve de Noël.
    Les cadeaux sont les bienvenus seulement s’ils traduisent cette volonté de paix et de partage.
    S’ils ne sont que le résultat d’une frénésie de consommation ostentatoire, ils ne valent pas grand-chose.

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