L’histoire du Nouvel An !

Depuis toujours, les civilisations ont besoin de se repérer dans le temps, que ce soit pour fixer des évènements communs ou planifier l’agriculture. Chaque civilisation a donc fait évoluer son calendrier selon ses usages et coutumes. C’est pourquoi aujourd’hui nous ne fêtons pas tous le jour de l’an au même moment. Mais alors comment en sommes nous arrivés là et comment les choses ont elles évolué en France ? Je vais essayer de vous donner quelques réponses à cela.

 

  • Les différents calendriers :

 

Évidemment ce qui nous permet de savoir quand commence l’année, c’est notre calendrier. Le premier d’entre eux a été découvert dans le sud de l’Égypte et a été crée au 5ème millénaire avant J.C, autant dire que ça date (oui je fais aussi des jeux de mots !). Il existe à ce jour 3 types de calendrier :

– Le calendrier lunaire, comme son nom l’indique, suit les phases de la Lune et compte 354 jours répartis sur 12 mois. C’était le principe des premiers calendriers égyptiens et c’est aujourd’hui le calendrier musulman par exemple. Pour eux, le nouvel an change tous les ans et se situe plutôt entre la fin août et début septembre.

– Le calendrier solaire, qui est le notre et qui se base sur les saisons, se compose donc de 365 jours (avec des années bissextiles) répartis sur 12 mois.

– Le calendrier luni-solaire, est un mélange des deux précédents, il se compose de 365 jours mais les mois correspondent aux différentes lunaisons. C’est le calendrier chinois et c’est pourquoi leur Nouvel an change tous les ans de date, puisque les phases de la Lune varient.

Alors comment notre calendrier solaire a t’il évolué dans le temps et comment en sommes nous arrivés à fêter le jour de l’an le 1er janvier ?

 

  • Jules César le premier :

 

Au tout départ, donc, les calendriers étaient de type lunaire, puis les égyptiens sont passés au calendrier solaire en suivant le principe des équinoxes et solstices ( équinoxe de printemps, d’automne et solstices d’hiver et d’été ). Les romains n’ont donc pas échappés à la règle en passant de l’un à l’autre.

Avant la création du calendrier Julien en 46 av. JC, qui deviendra le passage du calendrier lunaire au solaire, le premier mois de l’année dans l’empire romain était Martius (Mars), en référence au Dieu de la Guerre (cela avait été établi depuis le VIIème siècle av. JC). Au tout départ, l’année comportait seulement 10 mois, de Mars à Décembre (cela passa à 12 plusieurs années plus tard donc). Et c’est d’ailleurs pourquoi, encore aujourd’hui, le mois de septembre s’appelle ainsi, puisque c’était alors le septième mois de l’année. Pareil pour octobre, novembre et décembre, qui était donc le huitième, le neuvième et le dixième mois. C’est finalement grâce à Jules César et son nouveau calendrier dit Julien (en référence à lui-même, évidemment !) que les choses vont changer à partir de sa mise en application en 45 av. JC. Le 1er Janvier est alors choisi comme premier jour de l’année car il correspond à l’élection des Consuls de Rome (pour plus de précision, il faut savoir que l’année consulaire démarrait donc à cette date depuis 153 av. JC). D’ailleurs Janvier ou Ianuarius qui célèbre Ianus (Janus), Dieu du commencement et des fins, mais également celui des choix, du passage et des portes, devient finalement le premier mois de l’année et est indirectement rempli de sens.

 

  • Charles IX pour la postérité :

 

Alors évidemment, vous vous en doutez, comme avec ma première histoire sur Noël, le christianisme va énormément bousculer les traditions en Europe et le jour de l’an ne fera pas exception.

En France donc, à partir du VIème siècle on fêtera le jour de l’an plutôt le 1er Mars en suivant le style vénitien. Même si évidemment d’une région à une autre à cette époque certaines choses changent. C’est ensuite Charlemagne qui fera passer le premier jour de l’année au 25 décembre, date de son couronnement et évidemment de la naissance de Jésus (ce n’était pas un hasard…!). C’est ce qu’on appelle aujourd’hui le style de la nativité. Mais comme deux ne va jamais sans trois, les rois Capétiens (à partir du Xème siècle) feront changer les choses et l’on passera du style de la nativité au style de Pâques. Le jour de l’an sera donc à date variable d’une année sur l’autre. Cette tradition perdurera pendant plusieurs siècle, et ce bien que certaines régions feront les choses autrement. Pour Vienne le jour de l’an était le 25 mars par exemple, en Savoie on était resté sur le 25 décembre, d’autres encore le fêtaient le 1er mars, ce qui créera au fil du temps un certain capharnaüm au niveau des dates… C’est donc finalement pour éviter tous les problèmes administratifs que Charles IX, va définitivement (ou presque…) fixer la date de la nouvelle année au 1er Janvier au travers de l’Édit de Paris, promulgué en Janvier 1563, et finalement mis en application le 1er Janvier 1567 après sa confirmation dans l’Édit de Roussillon le 9 Août 1564. Dans l’envie de généraliser cette mesure (également prise par d’autres dirigeants européens) et de simplifier le calendrier des fêtes religieuses, le Pape Grégoire XIII, réforma le calendrier en 1582. Il deviendra alors celui que l’on utilise encore aujourd’hui : le calendrier Grégorien.

Alors je vous le disais, depuis le XVIème siècle rien n’a vraiment bougé, néanmoins un évènement important changea cette pratique le temps de quelques années… Une idée du quel ? La révolution, bien évidemment ! On retourne à un calendrier lunaire et dans l’envie de laïciser le tout, l’on changea également le nom des mois. C’est ainsi que le premier jour de l’année se fera le 1er Vendémiaire (mois des vendanges donc…), ce qui correspond aujourd’hui au 22 septembre. Le calendrier républicain (ou révolutionnaire) restera en place de 1792 à 1806 ! Et puis l’on reviendra au bon vieux Grégoire sans ne plus en changer.

 

Vous voyez, encore une fois, à quel point les choses furent bouleversées au fur et à mesure du temps. Et pourquoi à travers le monde, il existe bien des calendriers et des jours de l’an différents. Ce qui pour les plus fêtards d’entre nous peut vite devenir un prétexte pour s’abreuver d’alcool et autres mets à de nombreuses dates tout au long de l’année !! Sur ce, j’espère que cette nouvelle histoire vous aura appris des choses et vous souhaite de passer de bonnes fêtes de fin d’année. Mes petites enquêtes seront de retour en 2019, une fois que mon organisme aura digéré tout le faste de Noël et de la nouvelle année !

 

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