Haut Quotient Intellectuel : Mythes et réalités

Depuis longtemps le sujet des « surdoués » fascine mais depuis quelque temps, c’est carrément à la mode… Comme tout effet de mode, le meilleur comme le pire en ressort ! Tout le monde en parle, mais peu y connaissent vraiment quelque chose. Entre le mythe du génie et celui d’un échec scolaire généralisé, il y a un monde. Malheureusement, ce genre de spéculation va bon train, tantôt tout l’un, tantôt tout l’autre, la demi-mesure ne semble pas de mise. Alors qu’en est-il vraiment ? 

 

Avant-propos : Cet article n’a pas vocation à déterminer des vérités absolues. Les réponses apportées aux clichés sur la douance découlent des études qu’on a actuellement, il y en a peu, et encore moins de réellement fiables… Ce qui veut dire que possiblement une découverte future pourrait renverser la vapeur. Ce que je vais dire aujourd’hui est donc valable à ce jour, et totalement au fait de mes propres recherches (aussi nombreuses puissent-elles avoir été… D’où le long temps d’écriture de cet article), mais sera peut-être renversé demain. Comme dirait Victor Hugo « La science se rature elle-même. Chaque savant monte sur les épaules de celui qui le précède ». C’est aussi et surtout un sujet qui donne matière à discussion car dans le milieu de la douance 2 forces opposées semblent s’entrechoquer en permanence : les optimistes et les pessimistes, les heureux et les malheureux, la belle et la bête, gryffondor et serpentard… Ah non… Là, je m’égare !!! Bref vous l’aurez compris c’est un sujet compliqué sur lequel je vais essayer de mettre une petite lumière…

 

 

Au coeur du cerveau :

 

– « Les surdoués ça n’existe pas » :

FAUX. La première chose qui me vient à l’esprit quand j’entends ça c’est : « Mais quel est le problème des gens qui nient l’existence de la douance ? ». Comment peut-on à ce point nier l’évidence ? S’il existe de la déficience mentale (là je suppose que ces mêmes personnes ne le nieront jamais) comment ne peut-il pas y avoir son opposé ? La sur-efficience mentale.  Je crois, et c’est personnel, que le souci majeur vient très largement du titre « surdoué » qui prend son sens dans une sorte de pouvoir supérieur et qui donne très facilement une impression de dévalorisation du reste de la population. Bonjour le complexe d’infériorité, et plutôt que de dire « Allo Freud » on préfère ignorer l’existence de cette partie de la population.

Ceci étant dit, aujourd’hui grâce aux neurosciences en particulier on a pu démontrer qu’il existait de vraies différences dans le cerveau des personnes ayant un Haut Quotient Intellectuel, en voici une liste non-exhaustive :

  • Un meilleur câblage du cerveau (matière blanche plus importante). Les informations vont plus vite entre les deux hémisphères et à l’intérieur même de ceux-ci.
  • Certaines régions du cerveau seraient aussi plus actives chez les HQI que chez le reste de la population (plus de matière grise dans ces zones).
  • Le développement du cortex des enfants précoces serait plus lent que celui des autres.
  • Le cerveau est plus économe en énergie quand il s’agit de faire une tâche intellectuelle. Les HQI se fatigueraient donc « beaucoup moins à la tâche » (c’est le cas de le dire !), les réponses venant avec un effort cérébral moins important que pour le reste de la population.
  • Une utilisation plus importante de la pensée divergente (j’y reviendrai plus loin avec le mythe de la pensée en arborescence).

Certains supposent même que ces caractéristiques cérébrales feraient du HQI un penseur hors-norme, voire compulsif. Ce serait un peu des cocottes-minute de la pensée !

 

 

– « Les surdoués sont des génies » :

FAUX. Encore une fois c’est une fausse croyance qui est tenace et ancrée dans l’imaginaire collectif. Pendant très longtemps, on a imaginé les HQI comme des gens capables de fulgurances incroyables, et bien que ces personnes aient un fonctionnement cérébral différent, tous ne sont pas dotés d’un talent particulier et encore moins capables de révolutionner le monde. On peut avoir un grand talent de calcul, artistique ou encore sportif sans être affublé d’un QI supérieur à 130 (on peut penser à certains sportifs loin d’être les plus efficients mentalement ce qui ne les empêche pas d’être incroyablement doués par ailleurs ou à des gens très limités intellectuellement mais ayant une mémoire hallucinante ou capable de faire des calculs incroyables !). Et j’ai envie de dire BIEN HEUREUSEMENT que ces gens-là existent ! Alors bien-sûr les médias se délectent de ces personnalités hors-normes, tel Albert Einstein ou le prochain gamin qui passera son bac à 12ans, car cela crée de l’audience et de l’éblouissement mais elles ne sont pas légion parmi les HQI. Au contraire, bon nombre d’entre eux évoluent en société sans faire preuve d’un génie révolutionnaire. C’est ce que certains osent appeler les « surdoués ordinaires ».

 

– « Les surdoués sont plus intelligents ? » :

FAUX. Depuis toujours l’intelligence est au coeur des débats, qu’est ce qui nous rend plus intelligent ? Est-ce que c’est inné ? Est-ce que c’est acquis ? Et puis de toute façon qu’est ce que l’intelligence ? A ce sujet chacun voit midi à sa porte. Le Larousse n’en donne lui même pas qu’une seule définition. Aujourd’hui, la plupart du temps, on dit des HQI qu’ils sont plus « intelligents » mais, et il y a bien un MAIS ces personnes ont UNE intelligence plus grande, qui est celle du raisonnement logique et conceptuel (le test de QI a, à la base, été crée pour déceler d’éventuels problèmes d’apprentissage scolaire). Autant dire que ce fameux test de QI a ses limites à l’Intelligence, et d’ailleurs le QI n’est pas le résultat de Quotient d’Intelligence mais de Quotient Intellectuel ce qui a le don de clarifier déjà un peu la chose. De plus, depuis plusieurs décennies maintenant, défilent de nombreuses autres théories sur l’intelligence (que l’on y croit ou pas), dont l’intelligence émotionnelle ou les intelligences multiples… Enfin bref, il y a de quoi faire et tout un chacun peut s’y retrouver. Pour finir de vous rassurer, on peut avoir un très haut QI et croire en des choses totalement irrationnelles, être un serial-killer, voire même être nazi… Donc comme quoi « quand on est con, on est con » comme dirait Brassens (ceci n’est pas à prendre au pied de la lettre, au cas où…).

 

 

– « Les surdoués ont une pensée en arborescence » :

FAUX. Depuis quelques années les psy ont pris le parti de dire que les HQI avaient une pensée en arborescence mais ce terme est absolument inconnu au bataillon dans le jargon scientifique. En effet, ce type de pensée n’existe pas. On parlera plutôt de pensée divergente (qui imagine plusieurs solutions à partir d’un point donné) ou convergente (qui trouve l’unique solution). Afin d’éteindre donc ce mythe que les HQI auraient une pensée totalement différente du reste de la population, je vous informe que tout un chacun sur cette planète a accès à ces deux formes de pensée. Les HQI auraient cependant une pensée divergente plus importante (ou tout du moins l’utiliseraient plus) que les autres, c’est ce qui leur permettrait de trouver plein de solutions à un problème (ce qui n’est pas toujours un atout non plus !). Du coup, quand certains disent que les HQI ont une pensée qualitativement meilleure, je crois que c’est également faux. Des études ont démontré que leur pensée n’est pas de meilleure qualité mais est juste quantitativement plus importante (mais enfin il y a encore beaucoup de débats là-dessus…).

 

La réussite :

 

– « Les surdoués sont très bons à l’école » :

VRAI ET FAUX. Pendant très longtemps on a imaginé que le premier de la classe était l’enfant qui avait le plus haut QI et c’est souvent sur cette idée que la plupart des profs envisagent encore la douance d’un élève. Cependant, ces derniers temps fleurit la théorie opposée qui serait de dire que la plupart des EIP seraient en échec scolaire (on a vu jusqu’à 70% dans un article du Figaro….). C’est, évidemment, également faux. Il est très difficile de donner un chiffre précis d’autant que tous les enfants ne sont pas testés. Si la plupart des élèves ne sont pas en échec scolaire, ils ne sont cependant pas non plus forcément des foudres de guerre ! En 1988, Betts et Neihart ont dégagé 6 profils d’élèves à haut potentiel, les voici :

  • L’élève qui réussit : Ce serait le cas de la plupart des enfants détectés au primaire.
  • L’élève provocateur : Extrêmement créatif, ce type d’élève ne serait que rarement détecté à l’école. Son ennui est manifeste et généralement source de conflits. Corriger les adultes, mal maîtriser ses émotions, remettre en doute les règles serait le genre d’attitudes de ce deuxième type d’élève pouvant paraître malpoli ou mal-élevé (ce qui n’empêche pas de pouvoir l’être quand même ceci-dit !).
  • L’élève effacé : Souvent de sexe féminin, les résultats scolaires varient de moyens à bons. Une sur-adaptation au système qui entraîne souvent un manque d’estime et de confiance en soi. Cela corrobore avec de nombreux témoignages que j’ai pu recueillir de femmes ayant découvert leur douance à l’âge adulte.
  • L’élève décrocheur : Il est en colère et a le sentiment que le système scolaire n’a pas su répondre à ses besoins. Il montre des aptitudes moyennes voire inférieures.  Ce peut être un élève perturbateur ou totalement effacé.
  • Le « twice exceptional » : C’est un enfant qui en plus d’être précoce cumule soit un trouble d’apprentissage (il faut savoir que les enfants précoces auraient une plus forte probabilité d’être « dys » par exemple), soit de l’attention, soit autistique etc…
  • L’élève autonome : Enfant ayant une bonne estime et confiance en lui, c’est un élève qui réussit bien qui est accepté par ses camarades et qui se sert du système scolaire à bon escient.

Évidemment, il ne faudrait pas non plus cantonner ces enfants à un profil type toute leur vie. La limite entre certaines « catégories » peut vite être franchie et l’enfant peut passer d’un profil à un autre selon son chemin de vie. Il est cependant nécessaire de dire que plus tôt l’enfant est détecté plus il a de chance de réussir à l’école, surtout si son environnement éducatif et familial le stimule à bon escient. Car un enfant dont la confiance ou l’estime de soi serait mise à mal toutes ces années a de forts risques de ne pas montrer l’étendue de ses capacités. Sans mentionner ceux qui, forts d’ennui et de facilités, n’auraient jamais acquis de méthode de travail se laissant porter au gré de leur motivation… L’environnement familial et social étant aussi un facteur de réussite ou non, naître HQI dans un quartier défavorisé offre moins de chances de réussite que d’être un élève au QI moyen dans un milieu aisé. Il est nécessaire de le rappeler : les inégalités sociales sont encore très marquées même dans un pays comme le nôtre.

 

 

– « Les adultes surdoués sont en réussite professionnelle » :

VRAI ET FAUX. Dans la continuité du sujet précédent, puisque l’enfant précoce serait forcément bon scolairement il réussirait forcément mieux sa vie professionnelle… Comme nous l’avons vu avant, le postulat de départ étant déjà plus ou moins faux la suite l’est tout autant. Évidemment, certains s’en sortent très bien mais à force de généralités on oublie que beaucoup ne sont pas dans ce cas. Certains changent de métier plusieurs fois dans leur vie, ne se sentant jamais vraiment à leur place ou ont l’impression de rapidement faire le tour du sujet quand d’autres auront une tendance au burn-out ou au bore-out son strict opposé (« s’ennuyer à mourir » donc…). Parfois, c’est grâce à un échec ou une saturation professionnelle que certains apprennent leur douance. La motivation, au sens global du terme, étant un facteur essentiel de la réussite, il va sans dire qu’avoir des capacités cognitives élevées aide mais ne fait clairement pas tout (sachant que certains sont souvent rattrapés par leur manque de motivation quand un sujet ne trouve plus d’intérêt à leurs yeux…). Cependant un HQI qui serait également motivé aurait plus de chance de réussir une belle carrière. Évidemment, je crois que plus tôt la détection et l’accompagnement est faite et mieux la personne HQI s’en sort dans sa vie professionnelle ensuite. Ayant une bonne connaissance et conscience de son fonctionnement propre elle peut mieux s’adapter aux exigences et puisque ses capacités sont au dessus de la moyenne, elle n’a donc pas plus de risque d’échouer qu’un autre. Il est donc essentiel selon moi d’arriver à détecter une possible douance assez jeune pour éviter les écueils futurs.

 

La personnalité :

 

– « Les surdoués ont une personnalité atypique » :

FAUX. Contrairement à ce qu’on voudrait nous faire croire et je vais pas me faire beaucoup d’amis avec cette réflexion, NON les HQI ne sont pas des êtres à part dotés d’une personnalité tirée d’un bouquin de psycho… Il faut savoir que la personnalité d’un individu varie assez peu au cours de sa vie et surtout après l’adolescence. Il existe plusieurs tests de personnalité (OCEAN, MBTI…) et grâce à ces derniers on a pu observer qu’il n’y avait pas une personnalité typique du HQI. La seule différence notable dans le test OCEAN serait dans l’item Ouverture, qui mesure la curiosité, l’imagination etc… Où là, les HQI auraient des scores supérieurs à la moyenne. Ce qui corrobore avec le fait que l’on dise qu’ils sont des gens extrêmement curieux ne manquant pas d’idées originales.

Pour nuancer un peu donc, certains traits de personnalité pourraient aider à les repérer tel qu’une grande curiosité dans de nombreux domaines, une couche de perfectionnisme (ou une nonchalance particulière quand un sujet ne trouve pas de sens à leurs yeux : le par-coeur par exemple), une façon de vivre les choses avec beaucoup plus d’intensité (je ne parle pas d’hypersensibilité ici), le sentiment de décalage avec les autres, la dissysnchronie chez les enfants et ados (développement intellectuel supérieur à la maturité affective par exemple) etc etc… Enfin bref, plein de petits trucs ci et là qui peuvent varier du tout au tout, mais rien de majeur qui constituerait une personnalité à part entière.

Attention également aussi à notre ami le « faux-self », qui peut vite être très élaboré chez une personne HQI afin de vivre plus aisément en société. Parfois, ce « faux-self » peut-être vécu comme une souffrance ou comme un formidable outil. Enfin vous l’aurez compris il faut grandement se méfier des clichés et de toutes généralités, chaque personne est unique, il en va de même pour les personnes ayant un QI élevé.

Expérience entendue : Une dame disait qu’avant d’avoir passé son test de QI, elle avait lu un livre sur le sujet et ne s’était pas du tout reconnue dedans mais une fois son Haut Potentiel découvert en le relisant elle s’était retrouvée partout… Comme quoi le cerveau est capable de se persuader de beaucoup de choses. Attention donc également à l’effet Barnum !

 

– « Les surdoués ont beaucoup d’humour » :

FAUX MAIS ! Pour un adulte, c’est totalement faux. Il existe de nombreuses personnes extrêmement drôles au QI tout à fait moyen. Pour les enfants c’est une autre histoire. En fait, l’humour se fait en 5 étapes :

  • Entre 1 et 2 ans les enfants remarquent que certaines actions font rire les autres et en jouent (incongruités comportementales).
  • Vers 2 ans et +, les enfants introduisent les incongruités langagières, direction l’invention de mots qui amusent la galerie.
  • Vers 4 ans s’ajoute l’incongruité conceptuelle qui dépasse très souvent l’adulte et ne fait rire que l’enfant lui-même. Un balai pouvant se transformer en serpent qui se ferait manger par l’aspirateur devenu lion…
  • Vers 7 ans apparait un humour plus « adulte » incluant jeux de mots et sens multiples. Les enfants commencent à rire aux blagues des adultes mais n’en comprennent pas toujours le pourquoi.
  • Vers 12 ans enfin le pré-ado est capable de comprendre et expliquer l’humour adulte.

Alors pourquoi dit-on que les enfants précoces sont plus drôles ? C’est tout simplement car ayant un développement qui est en avance sur les enfants de leur âge, leur humour sera lui aussi souvent plus fin que celui de ses congénères, ce qui lui confèrera souvent auprès des adultes cette image d’enfant à l’humour décapant. Une fois passé l’âge de l’adolescence les choses s’équilibrent et les HQI ne semblent pas plus enclins à être des comiques de service…

 

 

– « Les surdoués sont plus créatifs » :

VRAI ET FAUX. En fait, il est avéré que la créativité augmente avec le QI mais jusqu’à 120 uniquement. Au delà de ce nombre il est impossible de distinguer une différence entre HQI ou non. La créativité est effectivement liée à des capacités intellectuelles élevées mais n’est pas exponentielle avec le QI. Il existe donc bien parmi les HQI des gens qui n’ont pas une créativité extraordinaire, cela dépend aussi totalement, selon moi, si la personne en a l’utilité dans son quotidien ou non. Un métier qui demande de la créativité, par exemple, permet à tout un chacun de développer cette capacité bien que certains semblent en être dotés assez naturellement.

 

– « Les surdoués sont hypersensibles »:

VRAI ET FAUX. Déjà je voudrai dire que la plupart du temps quand on parle d’hypersensibilité on parle en fait d’hyper-émotivité. C’est en tout cas, ce que l’inconscient général imagine. Car le terme sensible n’est en soi pas seulement une histoire d’émotions, mais bref passons… Ensuite, le terme « hyper » renvoie forcément à une norme et cette dernière est absolument variable d’une culture à une autre, donc je trouve qu’il faut vraiment faire attention avec tout ce qui est « hyper », « trop », « sur » etc… Il suffit que vous alliez je ne sais où sur cette planète pour que les points de vue divergent totalement à ce sujet.

Ceci étant dit, il y a dans le domaine scientifique des gens qui plutôt que de parler d’hypersensibilité parlent de la notion d’hyperstimulabilité (Dabrowski) qui se décline en 5 formes :

  • psychomotrice (forte énergie physique)
  • sensuelle (exacerbation des sens)
  • imaginaire (inventivité ludique, rêves)
  • intellectuelle (goût pour la connaissance, questionnement)
  • émotionnelle (vécu affectif et émotionnel intense)

Grâce au test OEQ (Over Excitability Questionnaire) on a pu déceler que les enfants et les adolescents HQI avait des scores significativement plus élevés dans les catégories sensuelles et émotionnelles. Par contre, chez les adultes cela n’a pas (encore ?) été démontré, d’autant plus qu’il existe des gens dits « hypersensible » et qui n’ont pas un QI supérieur à 130. L’un et l’autre peuvent donc être totalement indépendants. D’ailleurs, on note également les mêmes différences quand il s’agit d’émotions entre hommes et femmes que le QI soit élevé ou non (les femmes montrant plus d’émotivité que les hommes). Quid de l’éducation et de la société à ce sujet ? Difficile donc de donner une conclusion particulière, comme dirait Gabriel Wahl dans son livre sur les adultes HQI : « les surdoués ont probablement le don de s’accabler aussi brillamment qu’ils se passionnent ».

Il existe des tonnes d’assomptions au sujet de la personnalité des HQI et je n’ai pas parlé de toutes les caractéristiques. Certains parlent d’un sens moral et de la justice plus développé ce qui a l’air vraisemblablement exact (cela me rappelant quelques anecdotes personnelles). Mais, on parle aussi de plus d’anxiété et il a été démontré que les enfants HQI sont moins anxieux que les autres (aucune preuve pour les adultes par contre)… Enfin bon, tout ça pour dire qu’il existe des tas et des tas de suppositions mais pas beaucoup de preuves tangibles, les études étant trop peu nombreuses ou trop divergentes pour conclure à quoi que ce soit. Il va sans dire que pour chacun des traits de personnalité tout le monde peut se reconnaître dans au moins l’un d’entre eux. Disons que plus vous en cumulez et plus les chances d’avoir un HQI seraient probables, mais pas obligatoires non plus !

 

En conclusion, je voudrais dire qu’il est très difficile d’affirmer ou d’infirmer bon nombre de choses au sujet des personnes ayant un Haut Quotient Intellectuel, d’une part parce-que les études ne sont pas encore assez nombreuses et d’autre part parce-que ce sont des êtres humains comme les autres et qu’ils peuvent aussi faire face aux problèmes de la vie comme tout un chacun.

Pour certains être HQI est une chance, pour d’autres un fardeau. En ce qui me concerne, j’aurais tendance à dire que c’est une caractéristique comme une autre de notre personnalité et qu’il faut apprendre à vivre avec, comme chacun apprend à vivre avec lui-même et ses particularités. Pour autant, dans une société gouvernée par une réussite basée encore beaucoup sur les capacités intellectuelles dîtes « scolaires », il ne fait pas de doute qu’un HQI qui trouverait sa voie (précision qui a son importance) serait plus avantagé que les autres. Pour autant, et pour tous ceux qui seraient en échec dans cette société, je crois que nous avons énormément de progrès à faire pour considérer qu’il y a en chacun de nous, HQI ou non, des talents à développer. Il est important de noter que l’égalité n’a rien à voir avec l’équité et qu’en ce sens il y a du chemin à faire, notamment dans l’éducation nationale…

En ce qui concerne la littérature sur le sujet des HQI, je voudrais noter qu’il faut aussi prendre certaines choses avec des pincettes, beaucoup de livres sont principalement basés sur le développement personnel (c’est à la mode) soit-disant conforme à la personnalité des HQI mais en réalité tout un chacun pourrait s’y retrouver ci et là. Même si je trouve dommage que certaines théories négatives envahissent les médias, elles ont au moins eu le mérite de déconstruire l’idée que la douance mène obligatoirement à la réussite et à l’épanouissement. Ce n’est évidemment pas le gage de quoi que ce soit, l’environnement familial et scolaire jouera forcément un rôle sur la capacité de ces personnes à interagir en société. Pour finir et pour marquer un point d’honneur à tout ça, je voudrais dire que la douance n’est pas une maladie, il n’y a donc pas de « diagnostic » à poser, et malgré le fait que des capacités hors normes puissent entraîner parfois un certain décalage, il n’y a aucune raison pour ces personnes de ne pas trouver leur bonheur sur cette terre, et ce même si parfois il faut un peu d’aide !

 

Si vous cherchez absolument des explications à la douance je vous laisse avec Gustave Flaubert :

 

« Dites vous que l’exception confirme la règle, mais ne vous risquez pas à expliquer comment »

 

 

Camille.

 

 

 

Bibliographie :

Une réflexion sur “ Haut Quotient Intellectuel : Mythes et réalités

  1. Magnifique chère Camille ! Bravo ! Mené de main de maître ! J’ai entendu ta voix me lire ce brillant article, clair, riche et sans prise de tête.
    Je vais le partager ! ❤ Je t’embrasse et te souhaite un bel été !!!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *